Article 225 : du reporting environnemental et social à la mise en place d’une stratégie RSE

 

A compter de l’exercice 2014, toutes les entreprises de plus de 500 salariés dont le chiffre d’affaires est supérieur à 100 millions d’euros devront intégrer des informations environnementales et sociales dans leur rapport annuel de gestion (décret n°2012-557 du 24 avril 2012, appliquant l’article 225 de la Loi Grenelle II).

Cette obligation de reporting extra-financier devrait amener de nombreux dirigeants d’entreprises à s’intéresser au sujet. En effet si le thème de la RSE est souvent déjà pris en main dans les très grandes entreprises, la sensibilisation des entreprises dont les effectifs se situent entre 500 et 2000 salariés reste en général à améliorer.

Dans un contexte où les entreprises doivent faire face à de nombreuses pressions (réglementaires, économiques, sociales …), certains penseront peut-être qu’ils se seraient volontiers passés de cette nouvelle obligation. Par ailleurs, on pourrait apercevoir une contradiction entre les principes de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), démarche par essence volontaire, et une obligation réglementaire.

Un texte incitatif

Mais le texte reste incitatif : s’il précise bien les 14 points à traiter, il laisse en revanche une grande liberté sur le contenu des réponses. Il s’agit donc surtout d’inciter les dirigeants à se pencher sur la question de la RSE… et de favoriser l’émergence de nouvelles pratiques.
Aujourd’hui, la RSE est encore trop souvent associée à des idées reçues : « ça coûte cher », « ça prend du temps et c’est compliqué à mettre en place », « c’est une mode », « c’est bien pour les grandes entreprises », « c’est du green-washing »…

Bénéfices des démarches de RSE

Or la RSE est une démarche d’amélioration continue, source d’innovation et de performance, qui présente un intérêt pour toutes les structures, quelle que soit leur taille. La RSE fonctionne en effet sur la mise en place d’une logique gagnant-gagnant impliquant l’entreprise et toutes ses parties prenantes : salariés, clients, fournisseurs…
Et les bénéfices peuvent être  notables pour tout le monde : améliorer les conditions de travail et les relations entre les différentes parties prenantes permet de motiver les salariés (et de réduire le turn-over, donc les coûts RH), de renforcer la qualité des services et des produits et donc de fidéliser les clients. L’entreprise gagne ainsi en stabilité, et améliore son image et ses marges.

La RSE, un investissement plus qu’un coût

Quant à dire que la RSE coûte cher, c’est prendre la question du mauvais côté. Les entreprises qui pratiquent la RSE, ne parlent pas de coût mais bien d’investissement qui crée de la valeur ajoutée pour l’entreprise. Et comme tout investissement, sa hauteur dépend des orientations décidées par l’entreprise : si certaines mesures nécessitent un effort financier, d’autres sont pratiquement gratuites. A chacun de fixer son budget et de calculer le retour sur investissement.

La RSE, un engagement qui se formalise

Pour que la démarche soit véritablement bénéfique, la RSE doit innerver l’ensemble des services de l’entreprise : un engagement sérieux est donc nécessaire. A partir d’un état des lieux du fonctionnement de l’entreprise et de l’identification de ses responsabilités sociétales, il faut définir des objectifs et un programme d’actions.
Des solutions existent pour mettre en place une démarche de RSE sans tomber dans le piège de « l’usine à gaz ». Le label LUCIE propose par exemple une démarche pragmatique qui permet à la fois de répondre aux exigences de l’article 225 tout en traitant, par étapes, les questions centrales de la norme ISO 26000.

L’article 225, un premier pas vers la RSE

Le reporting environnemental et social a le mérite de pousser les entreprises de plus de 500 salariés à s’intéresser à la RSE. C’est un premier pas pour faire connaître les atouts de la RSE et lever les idées reçues, sans imposer de contraintes trop lourdes aux entreprises qui n’en ont pas les moyens.