La SNCF a fait appel au Cabinet Lamy Environnement pour réaliser le Bilan Carbone® d’un data center.

 

Il s’agit d’un centre de traitement de données informatiques situé dans la région lyonnaise et géré par la Direction des Systèmes d’Information et Télécommunications (DSI-T) de la SNCF.

Une démarche volontaire

Aucune obligation réglementaire n’imposait une telle démarche : la SNCF satisfait en effet déjà aux déclarations légales au niveau du groupe. La réalisation de ce Bilan Carbone® relève donc de la volonté de SNCF DSI-T de prendre en compte son empreinte écologique et de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre.
On soulignera également que SNCF DSI-T a décidé de travailler sur un périmètre large. Le Bilan Carbone® prend en effet en compte les émissions liées à l’ensemble du fonctionnement du data center : consommations d’énergie, immobilisations, déplacements, maintenance, achats, déchets…

Les émissions de GES proviennent à égalité de la consommation d’électricité et des immobilisations

Les résultats du Bilan Carbone® montrent qu’il y a deux principaux postes d’émissions, l’énergie et les immobilisations : ces 2 postes représentent chacun environ un tiers des émissions.
Il est intéressant de noter que cette répartition serait totalement différente si ce même data center était situé en Allemagne par exemple. En effet, l’énergie utilisée pour le fonctionnement du data center est principalement l’électricité. Compte tenu que les deux pays utilisent des énergies primaires différentes pour la production d’électricité (principalement le nucléaire en France et le charbon en Allemagne), le facteur d’émission1 retenu par l’ADEME pour l’électricité est beaucoup plus élevé outre Rhin. On aurait alors de l’ordre de 80% des émissions liées à l’énergie et seulement 10% liées aux immobilisations.
Les immobilisations sont de trois catégories : le matériel informatique (serveurs, baies de stockage…), les infrastructures techniques (groupes froids, onduleurs…), les bâtiments. Les matériels informatiques représentent 86% des émissions du poste immobilisation car  ils ont un facteur d’émission très élevé du fait de l’énergie consommée à la fabrication.
Le dernier tiers se partage principalement entre émissions liées aux intrants2 (environ 15%) et aux déplacements (environ 10%).

Une recherche permanente de l’efficience énergétique

Comme dans tous les data centers, la consommation d’énergie se répartit entre fonctionnement des matériels informatiques et refroidissement.
D’importants travaux ont déjà permis de diminuer la consommation d’énergie : création d’allées froides dans les salles informatiques, amenée de l’air froid au plus près des installations, free cooling, remplacement de groupes froids avec un meilleur rendement…
Ainsi, malgré une forte augmentation de l’activité, le Data Center a réussi à améliorer son efficacité énergétique puisque le PUE  (Power Usage Effectiveness) est passé de 1,93 en 2009 à 1,69 en 2012. Ceci est une excellente performance par rapport à la moyenne en Europe (la moyenne du PUE est de 2,53 en Europe selon une enquête réalisée début 2013 par Digital Reality sur plus de 200 Data Center).

Des pistes d’actions à moyen et long termes

L’objectif véritable du Bilan Carbone® ne se limite pas à évaluer le volume des émissions de gaz à effet de serre : il s’agit de trouver des solutions pour réduire ces émissions. Compte tenu de l’importance des émissions liées à la consommation d’énergie, les actions porteront d’abord sur la réduction de cette consommation.
Dans l’immédiat, les principales pistes d’action portent, comme dans tous les Data Centers sur :

  • la poursuite de la virtualisation des serveurs,
  • la chasse pour la désinstallation des infrastructures  inutilisées,
  • lors du remplacement des serveurs, inciter les décideurs à choisir des matériels permettant une bonne efficience énergétique,
  • une meilleure gestion de la durée de vie des équipements…

A plus long terme, d’autres actions porteront également sur la valorisation des Déchets d’équipements électriques et électroniques (les DEEE) ou la prise en compte des impacts environnementaux dès la conception et le développement des logiciels.
Enfin, SNCF DSI-T va également mettre en place des outils de suivi et des indicateurs qui lui permettront à la fois de quantifier son activité de production informatique, de mieux suivre ses consommations d’énergie et d’améliorer les données d’entrées du Bilan Carbone®. Un des enjeux est de mieux comprendre la corrélation entre l’évolution de l’activité informatique et le bilan carbone incluant la consommation d’énergie.

Mobiliser le personnel et les partenaires

Par ailleurs, l’implication et la sensibilisation des acteurs sont un élément clef pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre.
Le Bilan Carbone® sera tout d’abord un outil pour responsabiliser les services informatiques : suivi annuel des émissions (globalement et par postes), suivi des indicateurs…
Il faudra aussi impliquer les agents et les prestataires externes, notamment pour les déplacements domicile-travail et les déplacements professionnels (utilisation des transports en commun et des modes doux) : en collaboration avec RH, les responsables du Data Center pourraient envisager l’élaboration d’un Plan de déplacement d’entreprise (PDE).
De même, pour les VéloV, la prise en charge par la SNCF d’une partie des abonnements et la création d’une station VéloV à proximité) pourraient être proposés.

Témoignage

Monsieur André GAILLARD, Responsable Adjoint de l’Entité d’Offres Infrastructures Informatiques de SNCF DSI-T, a managé le Comité de Pilotage durant cette mission :
« Une DSI est constituée de nombreux métiers, des personnes ayant une très bonne expertise dans leur domaine. Cette mission a permis de rapprocher des personnes, qui bien entendu même si elles se connaissaient déjà, ont pu échanger ensemble sur une problématique générale, commune et d’actualité. De ce fait, un consensus a rapidement été trouvé ce qui a permis de mettre en place des indicateurs pertinents approuvés par la Direction dès la première présentation. »

1 Un facteur d’émission est un coefficient multiplicateur pour calculer (ou tout au moins estimer, avec une certaine marge d’erreur) la quantité de polluant émise du fait d’une activité humaine.

2 Les intrants comprennent essentiellement les prestations externes : maintenance, entretien, sécurité, prestations intellectuelles…