La Communauté d’Agglomération de Villefranche-sur-Saône lance son Plan Climat-Energie Territorial

Grand Lyon Habitat a fait appel au Cabinet Lamy Environnement pour la réalisation de son Bilan Carbone®

 

Grand Lyon Habitat (GLH) est un Office Public de l’Habitat qui intervient dans le domaine de l’habitat social et du service aux collectivités. Créé en 1920, et rattaché à la Communauté Urbaine de Lyon, l’office intervient sur une vingtaine de communes.
Le parc locatif est composé de plus de 24 000 logements, soit plus de 1,5 millions de m² de surface habitable, et un peu plus de 60 000 personnes logées. Grand Lyon Habitat emploie 580 personnes.

GLH a fait le choix d’un Bilan Carbone® complet

Soumis par la loi Grenelle II (Article 75 – Décret n°2011-829 du 11 juillet 2011)  à l’obligation de réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES), Grand Lyon Habitat a décidé d’aller plus loin dans sa démarche en réalisant non pas un BEGES réglementaire (limité aux émissions directes et à celles liées à la consommation d’énergie) mais un Bilan Carbone® complet, selon la méthodologie de l’ADEME.
La réalisation du Bilan Carbone de GLH concerne donc toutes les émissions liées à l’ensemble du patrimoine géré (logements et locaux administratifs) : consommations d’énergie, immobilisations, travaux (construction, destruction, et réhabilitation), déplacements des employés, déchets, achats…

Comment concilier politique Carbone et politique Logement ?

Afin d’aider GLH à prendre en compte la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dans sa stratégie de développement, le Cabinet Lamy a créé un outil de simulation qui permet d’évaluer les émissions de GES en fonction des scénarios de construction/réhabilitation/destruction de logements d’ici 2050.
Cet outil permet à Grand Lyon Habitat d’étudier des scénarios alternatifs, d’affiner ses hypothèses sur la performance énergétique des logements construits ou réhabilités, de planifier les échéances de réhabilitation…
Cette simulation montre qu’il est très difficile de limiter de manière significative les émissions de gaz à effet de serre, tout en construisant des logements neufs sur le rythme actuel.
Dès lors, la question qui se pose est de savoir si l’on peut concilier une politique Logement fondée sur une augmentation constante du nombre de logements avec une réelle diminution des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050 ?

Des pistes d’actions à moyen et long termes

Dans l’immédiat, la réhabilitation, la construction de nouveaux bâtiments à haute performance énergétique, la destruction des bâtiments énergivores, l’utilisation des énergies renouvelables comme le solaire thermique, la sensibilisation et la communication auprès des salariés et surtout des locataires, sont autant de pistes d’action qui contribueront à réduire les émissions de GES.
Mais à plus long terme, pour atteindre l’objectif national du Facteur 4 (par lequel la France s’est engagée à diviser par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à 1990), il semble indispensable de réduire de façon significative la construction de logements neufs et d’envisager des politiques alternatives : réhabilitation, diminution de la sous-occupation et des vacances, habitat multi-générationnel…

Témoignage

Monsieur François BERAUD, Directeur du Développement et du Patrimoine de Grand Lyon Habitat, a managé le Comité de Pilotage durant cette mission :

 –   Que vous a apporté ce bilan d’émission de gaz à effet de serre ?
GrandLyon Habitat est engagé depuis les années 1990 dans l’innovation pour réaliser des économies d’énergie avec pour objectif premier d’être performant dans son cœur de mission qui est d’offrir des logements confortables et économiques à ses locataires.
Nos actions étaient axées essentiellement sur l’isolation des bâtiments et sur la mise en œuvre de systèmes de chauffages performants.
Puis est venu le protocole de Kyoto et la prise de conscience de la responsabilité de l’activité humaine sur le réchauffement climatique de la terre et d’une fin annoncée des ressources en énergie fossile.
Nous avons alors participé à partir de 1998 à des expérimentations européennes visant à développer une conception bioclimatique dans les nouvelles constructions (opération RE -START).
Puis au début des années 2000, nous avons développé, avec le concours de l’ADEME et de l’ALE, les premiers référentiels de performance énergétique du territoire communautaire.
Ces référentiels ont ensuite été repris et adaptés par le Grand Lyon et la Région Rhône Alpes.
Nous avons ensuite élargi notre champ d’intervention à tous les autres domaines permettant un développement durable : le tri des déchets, le bon usage du logement par le locataire etc….
Dans ce contexte, la réalisation du bilan d’émission de gaz à effet de serre à permis de centraliser l’ensemble des actions menées et de les replacer dans un objectif collectif visant à la préservation de notre planète.
Dans la période de crise économique que nous traversons, ce bilan et les engagements pris permettent de garder en vue ces grands enjeux qui ne doivent pas être négligés au profit des nécessités du moment.

 

 –   Selon vous, est-ce que les conclusions de ce Bilan Carbone®peuvent vous amener à réorienter la Politique de Logement de GLH ?Nos calculs ont montré que toutes les économies que nous pouvons réaliser avec les réhabilitations thermiques, les constructions Basse Consommation, une meilleure efficience de gestion du chauffage, etc… ne peuvent pas compenser les émissions produites par les constructions neuves.
En continuant à construire, nous ne pourrons pas atteindre la division par 4 de nos émissions, comme l’a fait remarquer le Cabinet Lamy Environnement.
Or, la réponse à la crise du logement en France ne pourra pas être résolue que par la réhabilitation d’immeubles anciens.
De nombreux vieux bâtiments coûteront certainement trop cher pour améliorer leur performance énergétique et devront être détruit.
Nous ne pourrons donc pas nous arrêter de construire tant que la population sera en croissance. Surtout que cette croissance est concentrée sur quelques territoire ou la pression sur le logement se fait encore plus forte.
Nous construirons donc, mais avec une grande performance énergétique et nous pousserons au maximum l’évolution de l’efficience énergétique du parc existant.
Un vecteur très important d’économies réside dans le changement des habitudes de consommation de l’énergie dans son logement, il s’agit là d’un enjeu national avec des mesures de sensibilisation et d’incitation qui devront être mises en œuvre.