Notre rapport aux déplacements a été bouleversé depuis le début de la crise sanitaire. La réduction et modification de nos mobilités a par exemple amené Paris à transformer de grosses artères d’ordinaire réservées aux voitures en pistes cyclables.

Le télétravail s’est généralisé, alors qu’en temps normal entre 8 % et 18 % des personnes déclarent télétravailler [1]. Pourtant, environ 60 % de la population aspirait déjà au télétravail en 2018 [2].

Le télétravail est une solution que nous évoquons régulièrement dans nos missions afin de réduire l’empreinte Carbone d’une organisation et cette crise a exacerbé certains aspects du télétravail peu pris en compte habituellement.

Le constat : une augmentation de la demande de télétravail

Si 58 % des personnes ayant expérimenté le télétravail pendant le confinement souhaite télétravailler plus souvent [3] à l’avenir, c’est bien que le télétravail a des avantages : gain de temps dans les transports, calme, organisation plus libre, conditions de travail aménagées pour les personnes en situation de handicap ou porteurs de maladies chroniques. Or, cette forme de travail à distance serait également un atout : augmentation la production et la productivité de l’ordre de 5 à 30 % [4]. En outre, selon le ministère du travail, près de 4 emplois sur 10 dans le secteur privé sont compatibles avec le télétravail [5].

Les limites

Certaines études signalent l’impact négatif que le télétravail peut avoir sur celles et ceux qui le pratiquent : risques psychosociaux, inégalités sociales, risques d’isolement et de perte de coopération. Mais il existe des solutions pour permettre le maintien du lien social : réunions en ligne, appels quotidiens, aménagement/utilisation de tiers-lieux et d’espaces de coworking. Et surtout, le télétravail peut s’appliquer seulement quelques jours par semaine.

Impact environnemental du télétravail

Le principal impact environnemental du travail provient des émissions de gaz à effet de serre des déplacements domicile-travail. En effet, le trajet moyen est d’environ 15 km, et il est réalisé en voiture “solo” (1 seul passager par voiture) dans près de 75 % des cas [6].

On estime à près de 8 millions le nombre de personnes ne télétravaillant pas mais pouvant le faire. Si ces personnes télétravaillaient 50% du temps, cela permettrait une réduction de l’ordre de 15 % des émissions de CO2 liées aux déplacements domicile-travail en France, ce qui correspond à une réduction d’environ 8 MtCO2 par an, en prenant le facteur d’émission moyen de 253 gCO2/km parcouru, comprenant les GES liés à la combustion et à l’amont (de l’extraction à la distribution) du carburant, ainsi que l’amortissement de la construction du véhicule.

Et quid de l’impact du télétravail sur l’empreinte environnementale du numérique ?

On pourrait craindre que l’utilisation accrue d’outils de travail en ligne, générée par le télétravail, ne vienne annuler le gain sur les déplacements : cela n’est pas le cas. Pour deux raisons principales : tout d’abord, l’impact environnemental du numérique provient surtout de la fabrication des équipements, et, d’autre part, l’utilisation la plus impactante du réseau est de visionner des vidéos HD, ce qu’on ne fait pas beaucoup quand on télétravaille. Donc, si le télétravail ne s’accompagne pas d’un suréquipement, il ne change pas significativement l’impact environnemental du numérique. Les émissions de CO2 liées à un usage de l’informatique plus intensif qu’au bureau, sont donc minimes. Alors que le gain sur les en CO2 sur les déplacements est lui, très significatif.

Par ailleurs, il existe de nombreuses solutions pour limiter la consommation d’énergie et donc l’empreinte carbone de nos activités numériques : couper la box lorsqu’on ne l’utilise pas, limiter l’usage du cloud, optimiser l’utilisation de sa boîte mail… et d’autres conseils à retrouver sur greenit.fr.

En conclusion : le télétravail est donc bien un des principaux leviers pour diminuer l’empreinte carbone liée au travail.

[1] http://www.teletravailler.fr/observatoire/en-france

[2] https://travail-emploi.gouv.fr/droit-du-travail/la-vie-du-contrat-de-travail/article/teletravail-mode-d-emploi

[3]  http://tnova.fr/system/contents/files/000/002/005/original/Terra-Nova__La-r_volution-du-travail-a-distance__300420.pdf?1588269514

[4] https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/directions_services/cns/ressources/Teletravail_Rapport_du_ministere_de_Mai2012.pdf

[5]  https://travail-emploi.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/coronavirus-covid-19-et-monde-du-travail

[6] https://www.forbes.fr/management/trajet-domicile-travail-les-salaries-attendent-des-solutions-de-leur-entreprise/?cn-reloaded=1

Étiqueté avec :